“Il y a des gens qui, en Belgique, croient que le Congo est encore une colonie, que les Belges doivent toujours avoir de l’ascendant sur les Congolais.” Joseph Kabila n’est allé sur le dos de cuillère. Pour une de ses rares interviews à la presse belge, le président congolais a tenu à mettre les choses au clair. Loin des dénonciations répétées de Kinshasa, Kabila a surtout analysé le fond du problème, dénonçant ce qu’il appelle: “l’état d’esprit”.

‘Le problème avec les Belges, c’est ce que j’appelle l’état d’esprit. Il y a des gens qui, en Belgique, croient que le Congo est encore une colonie, que les Belges doivent toujours avoir de l’ascendant sur les Congolais. Cela fonctionnait peut-être avec nos pères – qui ne sont plus là – mais avec nous, les enfants de ceux qui ont combattu le colonialisme dans ce pays, c’est inadmissible, cela ne marche pas”, a mis en garde le président congolais.

Parmi les nombreux exemples cités, Joseph Kabila parle du comportement Karel De Gucht, Ministre des Affaires étrangères belge entre 2004 et 2009. “Lorsque Karel De Gucht est venu ici, je lui ai dit que je considérais que, sur le plan politique, il était finalement un petit raciste. Et moi, je n’aime pas les racistes”, a dénoncé le président congolais. “D’accord, de tels propos n’étaient pas diplomatiques mais c’était la vérité”, a-t-il ajouté. 

Les Belges peuvent recruter dix, vingt Congolais pour qu’ils soient leurs pions

Déterminé, Kabila défie la Belgique. “Le peuple congolais n’acceptera jamais. Certes, les Belges peuvent recruter dix, vingt Congolais pour qu’ils soient leurs pions, mais ils n’auront pas le soutien des autres”, avant de dénoncer une “une certaine animosité vis-à-vis de notre peuple, cette tendance qu’ils ont d’humilier le peuple congolais à travers ses dirigeants”

“Et cela, nous ne l’accepterons plus jamais. Qu’est-ce qui nous divise avec la Belgique ? Je considère que nous sommes des hommes libres, que le Congo est un pays indépendant et que nous n’avons pas de comptes à rendre à un ministre des Affaires étrangères qui se trouve en Belgique.

Ci-dessous, quelques passages du président congolais durant son interview avec la journaliste COLETTE BRAECKMAN. 

“Directement ou indirectement ; il disait, entre autres, que M. Kabila doit se prononcer à propos des élections. A cela, je répondais : « Mais cela ne vous regarde pas, ce ne sont pas vos affaires, occupez-vous de vos problèmes chez vous et nous allons nous occuper de notre peuple, de notre pays. Ne vous ingérez pas dans la politique interne du Congo. » Il n’appartient pas à la Belgique de faire le choix des dirigeants de ce pays, d’inviter des opposants à Genval, de leur offrir des chocolats… Cela ne m’a pas choqué, non, mais surpris, oui : ce sont des tendances néo-colonialistes. Si on ne peut pas accepter cela de la Chine, de la Russie ou des Américains, on ne l’acceptera pas non plus des Belges… Inviter ainsi des gens à Bruxelles, à Genève et ailleurs, c’est une façon d’essayer d’imposer des dirigeants à ce pays alors que c’est à notre peuple qu’il appartient de choisir, que cela dépend de lui.”

A propos de la maison Schengen 

Ils peuvent aussi aller ailleurs dans le monde, il y a plus de 150 pays où ils pourraient aller. Il y a un prix à payer pour tout, y compris pour la dignité. De toute façon, je ne crois pas que cette situation va durer. Il faudra trouver une solution, qui soit en faveur du respect, envers nos deux peuples. Entre le peuple belge et le peuple congolais, il ne peut pas y avoir de problème.

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